Naufrages en Méditerranée : la mort en face, Luc Vinogradoff, Big Browser, lemonde.fr, 31/05/2016

” Sept cents hommes, femmes et enfants sont très probablement morts, le 27 mai, après que leurs embarcations de fortune, parties de Libye, ont coulé en mer Méditerranée, selon des témoignages de survivants et de l’ONU Sea-Watch.

Depuis cinq jours, les garde-côtes italiens et des ONG parcourent la mer à la recherche de survivants et de cadavres. Jusqu’ici, 135 personnes ont été sauvées et 45 corps retrouvés et emmenés au port italien de Reggio de Calabre.

Sea-Watch, une ONG allemande ayant participé aux opérations, a récupéré 25 corps ce jour-là. Elle a décidé, le 30 mai, de diffuser auprès des médias et des agences de presse la photographie d’une des victimes : un bébé, peut-être à peine âgé d’un an, sorti sans vie des eaux par un sauveteur.  (…)

L’Italie, où 46 714 migrants et réfugiés sont arrivés depuis janvier est redevenue la principale porte d’entrée méditerranéenne depuis la fermeture de la route des Balkans et l’accord controversé sur le renvoi vers la Turquie des nouveaux arrivants en Grèce.

Aujourd’hui, seuls des navires privés affrétés par des ONG, comme Sea-Watch, Médecins du monde ou SOS Méditerranée, sont consacrés exclusivement au secours de migrants en mer Méditerranée. L’opération européenne Sophia, lancée en juin 2015, mobilise des militaires et les moyens de vingt-quatre des vingt-huit pays de l’Union européenne. Elle a permis de sauver plus de 12 600 personnes et de neutraliser et « rendre hors d’usage » 104 bateaux et embarcations. Mais son objectif principal n’est pas le sauvetage de migrants, c’est la lutte contre le trafic des passeurs en Méditerranée”.

Lire nos informations :   Quels moyens pour le sauvetage des migrants en Méditerranée ?

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/05/31/naufrages-en-mediterranee-la-mort-en-face_4929704_4832693.html#PDZ6gO3yxKLg3OpS.99

*

Voir aussi :

Migrants : la Méditerranée redevient un cimetière, Maxime Vaudano, lemonde.fr, AFP, 06/06/2016

OIM

” Un an après, dans le même décor macabre, le même drame est en train de se rejouer en Méditerranée. Alors que les flux migratoires s’étaient concentrés, pendant l’hiver 2015-2016, sur la « route de l’Est », passant par la Turquie, la Grèce et les Balkans, le retour du printemps a poussé des milliers de migrants à entreprendre la traversée de la Méditerranée entre l’Afrique du Nord et l’Italie.

Presque 16 morts par jour

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), près de 2 500 personnes ont déjà perdu la vie sur les routes migratoires méditerranéennes sur les cinq premiers mois de l’année 2016, malgré le sauvetage de milliers de personnes par les marines italienne et grecque.

■Cela représente 15,8 morts chaque jour depuis janvier, et près de 90 % des morts que l’OIM a pu documenter sur l’ensemble des routes migratoires du monde en 2016.

■C’est un tiers de plus que le bilan en Méditerranée à la même période en 2015, année qui avait vu périr un nombre record de 3 770 migrants (chiffre considéré comme sous-estimé en raison de la difficulté à retrouver les corps à l’issue de naufrages).

Par comparaison, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que 204 000 migrants ont survécu à la traversée maritime vers l’Europe depuis le début de l’année” (…)

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/06/migrants-la-mediterranee-redevient-un-cimetiere-aquatique_4939137_4355770.html#TuPFMooDSbkkhdfI.99

 

 


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
ENIGMUR (6 juin 2016). Naufrages en Méditerranée : la mort en face, Luc Vinogradoff, Big Browser, lemonde.fr, 31/05/2016. ENIGMUR. Consulté le 6 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/oevj